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Journée internationale des femmes : qu’en est-il côté médecins ?

Vous ne l’aurez pas loupé en ce 8 mars, c’est la journée Internationale de la Femme. A cette occasion, je vous propose un petit retour sur la place des femmes dans la médecine : depuis quand les femmes peuvent-elles exercer la médecine ? Combien sont-elles aujourd’hui ? Et en bonus, quelques données côté patient(e)s !

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“Journée Internationale de la femme”.
Qui n’a jamais entendu ces paroles : “ce devrait être tous les jours la journée de la femme” ? Célébrer les femmes en tant que femmes n’est justement pas l’objet de cette journée, il s’agit d’une célébration plus spécifique : un hommage aux combats féministes menés jusqu’alors. Et tant que l’égalité hommes-femmes ne sera pas atteinte, cette journée conservera tout son sens.

Retour sur l’obtention du droit d’exercer la médecine pour les femmes

En 1868 Madeleine Brès entre à la faculté de médecine de Paris : elle deviendra la première française docteure en médecine en 1875. Elle soutient sa thèse “De la mamelle et de l’allaitement” et obtient la mention « extrêmement bien ». Ce combat n’était pas gagné d’avance ! En effet, s’inscrire au baccalauréat relevait déjà du parcours du combattant à l’époque, tout comme l’inscription à la faculté de médecine qui devrait être validée par différentes personnes tout comme le droit de participer aux concours de l’internat et de l’externat…

Madeleine Brès est la première femme médecin en France 💪

De nombreux étudiants, professeurs, doyens et revues spécialisées s’opposaient à l’admission des femmes au sein de la profession. Voici un exemple croustillant du Journal de médecine et de chirurgie pratique daté de 1875 : “La femme ne peut prétendre à parcourir sérieusement la carrière médicale (…) qu’à la condition de cesser d’être femme : de par les lois physiologiques, la femme médecin est un être douteux, hermaphrodite ou sans sexe, en tout cas un monstre. Libre maintenant à celles que tentera cette distinction de chercher à l’acquérir.” Sachant que la majorité des étudiants en médecine sont aujourd’hui des étudiantes, cette coupure nous fait sourire

Suite à Madeleine Brès, le nombre de femmes sur les bancs des facultés de médecine est resté relativement faible. En effet, elles se heurtaient à un obstacle de taille pour la société de l’époque : la longueur des études difficilement compatible avec les projets familiaux. En 1913, elles représentent 6% des effectifs et montent à 20% entre 1915 et 1919, prenant les places laissées vacantes par les hommes durant la Grande Guerre.

Dans les années 90, les femmes médecins restent encore assez minoritaires : elles sont seulement 30% !

Et aujourd’hui où en est-on ?

Les femmes en majorité dans les facultés mais encore éloignées du “pouvoir”

On recense actuellement 41 % de femmes docteurs et celles-ci deviendront majoritaires dès 2022. C’est une tendance de fond : les études de médecine sont de plus en plus féminisées avec 60% des bancs occupés par des femmes.

Bien que majoritaires dans les amphis, les femmes sont encore assez éloignées du “pouvoir” dans le monde de la médecine. Les postes de professeurs et d’enseignants sont encore largement monopolisés par des hommes : on compte seulement 4 femmes parmi les 38 doyens. Au vu de la féminisation des études de médecine, ce phénomène devrait s’inverser mais subsiste un frein majeur : la compatibilité vie personnelle / vie professionnelle. En effet, pour devenir professeur il faut être très mobilisé entre ses 30 et 40 ans : thèse, publication de nombreux articles scientifiques, exercer à l’étranger durant un ou deux ans, etc. Ce qui peut être plus compliqué à gérer avec une ou plusieurs maternités.

L’orientation et les choix des femmes médecins

Les femmes semblent avoir une préférence pour le salariat, notamment à l’hôpital : 1 femme médecin sur 3 est salariée à l’hôpital contre 1 homme sur 4. Le libéral n’est pas boudé pour autant : si on prend en compte les jeunes générations, 60% des médecins généralistes libéraux âgés de moins de 40 ans sont des femmes

Les spécialités médicales les plus féminisées :

  • médecine du travail : 71 %
  • gynécologie médicale : 70 %
  • dermatologie : 67 %
  • pédiatrie : 64 %
  • santé publique : 60 %

Les spécialités les moins féminisées :

  • anesthésie : 30%
  • chirurgie : 20%

Focus médecins généralistes

Elles représentent aujourd’hui 42% de l’effectif libéral. Si on prend en compte les généralistes hospitaliers, la parité est déjà largement atteinte ! On les retrouve davantage dans les régions les plus densément peuplées : Île-de-France, PACA ou encore Languedoc-Roussillon. A l’inverse, elles sont seulement 19 % dans le Centre ou la Picardie.

Quid de la santé numérique ?

Les femmes au premier rang de la prise de rendez-vous en ligne !

Les chiffres sont très intéressants côté santé connectée. En effet, on peut observer que les femmes ont une longueur d’avance sur l’adoption des nouveaux outils numériques.

Sur le site MonDocteur, 51,5% des praticiens sont des femmes contre 48,5% d’hommes malgré la plus forte proportion d’hommes dans le domaine.

Et le fossé se creuse lorsque l’on regarde du côté des patients :

69% des patients inscrits sur MonDocteur sont des femmes.

C’est également elles qui détiennent le plus de “multicomptes”, c’est à dire des comptes avec plusieurs patients inscrits (conjoint, enfants, etc.). Nous pouvons donc en déduire qu’elles sont à l’origine de quasiment ¾ des rendez-vous pris sur la plateforme !

N’hésitez pas à partager vos retours d’expérience sur le sujet des femmes dans la médecine en commentaires 👇