Dossier Médical Partagé (DMP) : où en est-on ?

6 juillet 2017

DMP-dossier-medical-partage-tout-comprendre.pngComparé à une "taupe" et à un "objet encore souterrain" par l'ancienne ministre Marisol Touraine, le DMP est un feuilleton à rebondissement.

Le fameux carnet de santé dématérialisé, renommé Dossier Médical Personnel puis Dossier Médical Partagé, peine à se déployer. 6 mois après le lancement des projets pilotes, on en profite pour faire le point ! 


Le DMP, une histoire à rebondissements

 

D’un DMP à l’autre : quand le Dossier Médical Personnel devient le Dossier Médical Partagé

Phase 1   Le DMP, Dossier Médical Personnel, a été créé par la loi relative à l’assurance maladie du 13 aout 2004. Le projet avait été confié à l’Asip, une agence gouvernementale chargée de développer la e-santé et de soutenir l’innovation. En 2011, l’Asip lance une première version du DMP mais la mise en œuvre est lente, alourdie par le caractère sensible du sujet (échange de données médicales) et des complexités techniques. Cette première tentative se solde par un échec, faute d’utilisateurs. Seuls 500 000 patients disposent d’un DMP après le déploiement alors que plus de 20 millions de français ont ouvert un compte Ameli.

Ce faux départ du DMP est regrettable et renforce le constat que le travail collaboratif peine à s’imposer. Pourtant, s’il est encadré, le partage d’informations médicales permet de gagner en efficacité en évitant des erreurs et des examens inutiles.

 

Phase 2  Fort de ce constat, le DMP obtient une seconde chance. La loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 refonde le DMP qui devient alors le Dossier Médical Partagé.

Pour cette nouvelle tentative, le déploiement est confié à la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie), déjà en charge du service Ameli.

La stratégie de développement va à présent s’appuyer davantage sur les patients, premiers acteurs de leur santé, pour s’emparer de l’outil et participer à son adoption.

 

2017, l’année pilote

Depuis décembre 2016, le nouveau déploiement du DMP se fait sur 9 départements pilotes : Bas-Rhin, Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), Côtes-d'Armor, Doubs, Haute-Garonne, Indre-et-Loire, Puy-de-Dôme, Somme et Val-de-Marne. Ces départements ont été sélectionnés pour constituer un échantillon représentatif du territoire. La CNAM a soigneusement examiné les facteurs de population, la taille, l'organisation des soins ville-hôpital, rapport au dossier médical personnel afin de récolter les observations les plus représentatives possibles.

L’idée de cette phase pilote est de voir sur le terrain comment le dispositif fonctionne : répond-il aux besoins des usagers et des professionnels de santé ? Est-il bien pris en main et facilite-t-il la collaboration ? Des ajustements pourront alors être apportés afin de perfectionner l’outil en vue de sa généralisation

 

Un bilan ?

Pour l’heure, la durée de l’expérimentation n’a pas vraiment été fixée. Dans les premiers temps, on parlait d’un semestre afin que la CNAM dispose d’éléments concrets et d’un retour riche de la part des pilotes. La date de 2018 avait même été annoncée pour un déploiement national mais il semblerait que les pilotes vont perdurer. On se trouverait alors davantage dans une logique de déploiement étape par étape, département par département.

De plus, on ne sait pas encore précisément le nombre de personnes ayant ouvert leur DMP. Il y a quelques mois, les Côtes-d'Armor annonçaient le chiffre encourageant de 10 000 DMP ouverts : la dynamique est lancée ! Nous avons également peu de retours des médecins, pour qui l’acclimatation peut être compliquée, tout comme l’interface avec son logiciel métier.

Sur le plan financier, les retours sont encore assez flous même si une chose est sûre : c’est un chantier coûteux ! La Tribune annonçait dès 2014, soit avant le lancement de la seconde phase, une dépense d’un demi milliard d’euros. Affaire à suivre…

 

Quand les startup prennent de l'avance

De nombreuses initiatives autour de l'idée de carnet de santé et de partage d'informations médicales ont vu le jour ces derniers temps, notamment du côté des startups. Ainsi, chez MonDocteur, nous proposons depuis 2016 notre propre "carnet de santé en ligne". En pratique, il s'agit d'un espace de stockage sécurisé sur lequel le patient et le médecin peuvent s'échanger des documents et des informations en quelques clics. Sécurité et suivi sont ainsi assurés !

 

 

Que contient le DMP version 2016 ?

 

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Le Dossier Médical partagé est un outil numérique destiné à  « favoriser la prévention, la qualité, la continuité et la prise en charge coordonnée des soins des patients » selon la loi de modernisation de 2016. Il s’agit donc d’un « super » dossier médical, ultra complet pour favoriser la collaboration entre les professionnels de santé. Les données contenues par ce dossier sont sécurisées et traçables.

Cet outil va également grandement participer à fluidifier la relation ville-hôpital pour améliorer le parcours de soin et ainsi éviter les redondances de traitements et d’examens. Un enjeu de taille qui peut permettre de faire de belles économies.

 

Contenu du DMP :

  • Identification du patient (identifiant national de santé (INS) unique qui évite toute erreur d'identification ou de confusion de dossier) 
  • Identité et coordonnées du médecin traitant
  • Personnes à contacter en cas d’urgence
  • historique des remboursements de l'assuré social des six derniers mois (visible dès l’ouverture du dossier)
  • comptes rendus de consultations et d’hospitalisation (la fameuse lettre de liaison médicale)
  • imageries médicales
  • actes de diagnostiques et thérapeutiques + les traitements prescrits
  • carnet de vaccination
  • don d’organes et directives anticipées
  • coordonnées de la personne de confiance chargée d'exprimer les volontés du malade

Le contenu est bien entendu amené à évoluer en fonction des usages des patients et des professionnels de santé.

 

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Qui peut créer un DMP ?

Le patient, son médecin et plus généralement tout professionnel de santé lors d'une consultation ou d'une admission à l'hôpital peuvent créer un DMP. Pour ce faire, rien de plus simple : il suffit de se rendre sur le site dédié du DMP depuis son domicile ou depuis la caisse nationale d’assurance maladie de votre ville (si vous êtes en département pilote bien entendu).

De plus, les personnes exerçant sous la responsabilité d'un praticien sont également habilitées à ouvrir un DMP, de même que les agents de l'assurance maladie. Une seule condition à respecter pour tous les créateurs de DMP : la création nécessite le consentement express et éclairé du bénéficiaire

 

Qui peut accéder au DMP ?

Les professionnels de santé, lorsque les patients les y ont autorisés, peuvent en quelques clics accéder au DMP. Pratique : en cas d'urgence, les secours disposent d'un droit d'accès au DMP du patient, sauf si ce dernier s'y est opposé. En effet, il est important de souligner que le détenteur du DMP a la possibilité d'interdire l'accès à des professionnels de santé expressément désignés.

Attention également, le DMP n’a pas vocation à remplacer votre dossier professionnel car il n’est pas exhaustif. En effet, vous et vos confrères n’y conservez que les documents et les informations nécessaires à la coordination des soins.

Enfin, chaque personne peut très facilement "décider à tout moment de de clôturer son dossier médical partagé" selon le décret. Il restera cependant archivé durant 10 ans, avant d’être définitivement détruit.

 

Si vous avez davantage d'informations sur le DMP et la suite du projet, n'hésitez pas à vous exprimer en commantaires :) A bientôt ! 

 

Topics: News

Ecrit par Léa J.

Responsable de la communication chez MonDocteur
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